La chapelle est isolée dans le bois de Bodriec. De fondation seigneuriale − les seigneurs de La Marche avaient leur manoir au lieu-dit Loqueffret en Brasparts, paroisse limitrophe − la majeure partie de la chapelle a été construite dans la première moitié du xvie siècle.
Le plan de l’édifice, très allongé (32 m de long sur 7 m de large), se termine à l’est par un chevet à trois pans. Un bâtiment était accolé au nord de la façade occidentale ; il est aujourd’hui en ruine : ce pouvait être soit une sacristie, soit la demeure du chapelain ; on y aperçoit encore les vestiges d’un escalier en vis.
L’élément décoratif essentiel est constitué par les trois portails, tous les trois en granit et datant tous les trois de la première moitié du xvie siècle. Ils sont inspirés de l’ « atelier de Saint-Herbot » : cette grande chapelle introduit les premiers éléments de la Renaissance dans la Cornouaille intérieure. Son porche fut édifié en 1516. Ici, le porche occidental comporte les mêmes éléments qu’à Saint-Herbot, mais avec une seule porte en anse de panier au lieu de deux : ogive à trois voussures en arc brisé, ornées de feuillages et de fruits, accolade extérieure très relevée, faux gâble au-dessus de l’accolade, recoupant à sa base les longs pinacles latéraux ; une inscription difficilement lisible, au-dessus de l’ogive, permet cependant d’affirmer que ce portail fut édifié six ans après celui de Saint-Herbot. La présence de quatre gros contreforts sur l’élévation occidentale laisse supposer que, comme à Saint-Herbot, il avait été prévu de construire une tour, et que le chantier est resté inachevé. On retrouve le même style au portail nord ; cependant, celui-ci a deux portes et il est flanqué de piédroits en nid d’abeilles ; la partie haute du gâble et de l’accolade a été mutilée pour faire place à la toiture : ce portail, longtemps muré, vient d’être rouvert. La porte sud est plus simple mais de même facture.
Le mobilier a été entièrement détruit par l’incendie de 2007. Il ne reste que des débris calcinés d’un Christ en croix (XIVe s.), de deux statues de diacres, d’une Vierge à l’Enfant et d’une Vierge de Pitié.
(source :
https://www.sauvegardeartfrancais.fr/projets/loqueffret-chapelle-notre-dame-de-la-croix )